Qui est Yohan Guy ?
Yohan Guy a co-fondé Ivy Patrimoine en 2022. Le cabinet propose une approche classique de la gestion de patrimoine, avec une spécificité qui le distingue sur le marché : une expertise marquée auprès des artistes et des professionnels de l'industrie musicale.
Cette double culture, à la fois financière et culturelle, place Ivy Patrimoine dans une position singulière pour appréhender des actifs comme les droits musicaux. Yohan Guy connaît ce marché de l'intérieur, à travers ses clients, leurs réalités, et les questions concrètes qu'ils se posent sur la valorisation de leur travail.
Comment construisez-vous une allocation pour vos clients ?
Bolero : Comment abordez-vous la construction d'un portefeuille pour vos clients, et quelle place y accordez-vous aux actifs alternatifs ?
Yohan Guy : "La construction d'un portefeuille dépend avant tout du profil de chaque client. Pour ceux qui ont une vision long terme, comme la plupart de mes clients qui sont relativement jeunes, nous combinons des allocations classiques en actions avec ce que j'appelle le portefeuille antifragile : des investissements ancrés dans l'économie réelle, avec des flux quantifiables et des narratifs suffisamment différents pour susciter un vrai engagement. C'est dans cette logique que Bolero trouve naturellement sa place."
Le terme qu'emploie Yohan Guy, "antifragile", renvoie à des actifs dont la valeur résiste aux chocs de marché, voire s'en nourrit. Les droits musicaux répondent à cette logique : leurs revenus, issus du streaming, des licences de synchronisation (placements dans des films, séries ou publicités) et des diffusions radio, sont générés en continu, moins corrélés aux cycles économiques classiques que les actifs traditionnels.
Pour une clientèle d'artistes ou de professionnels de la musique, investir dans des droits musicaux n'est pas seulement une décision financière. C'est un investissement dans un univers qu'ils connaissent et comprennent, ce qui renforce la lisibilité du risque et l'adhésion au projet sur le long terme.
Pourquoi les droits musicaux et Bolero ?
Bolero : Qu'est-ce qui vous a convaincu d'intégrer les droits musicaux dans vos allocations, et pourquoi Bolero en particulier ?
Yohan Guy : "Notre proximité avec l'industrie musicale nous donne une lecture claire de ce marché. Ce qui retient particulièrement mon attention, c'est la résilience des flux et la visibilité que l'on peut avoir sur leur évolution dans le temps. Mais au-delà de ça, je cherche à me positionner aux côtés des institutionnels. On observe une vague significative, d'abord aux États-Unis, maintenant en Europe, de fonds d'investissement qui allouent des montants croissants sur des catalogues éditoriaux. Nous en sommes, selon moi, au tout début."
Cette lecture du marché est partagée par un nombre croissant d'acteurs. Ces dernières années, des fonds comme Blackstone et KKR ont déployé plusieurs milliards de dollars dans des catalogues musicaux. Goldman Sachs projette une croissance de 66% du marché musical d'ici 2030. Ce mouvement, parti des États-Unis, atteint désormais l'Europe, et les professionnels du patrimoine les plus attentifs commencent à s'y positionner.
Ce que souligne Yohan Guy est fondamental : les droits musicaux offrent une visibilité sur les flux que peu d'actifs alternatifs peuvent proposer. Chaque écoute, chaque diffusion, chaque placement en synchronisation génère un revenu traçable, documenté, distribuable. C'est cette mécanique de revenus récurrents et mesurables qui attire des profils de plus en plus sophistiqués.
Se positionner avec les institutionnels, c'est aussi accéder à une thèse d'investissement déjà validée par les plus grands acteurs du marché, à une échelle désormais accessible aux investisseurs privés via des plateformes comme Bolero.
Votre catalogue de rêve sur Bolero ?
Bolero : Si vous pouviez constituer le catalogue idéal sur Bolero, lequel choisiriez-vous ?
Yohan Guy : "Sans grande originalité : Michael Jackson. Un catalogue qui a traversé les générations, une présence culturelle intacte, et des flux qui continuent de le démontrer. C'est ce qu'on appelle un investissement à faible risque dans ce marché."
La réponse fait sourire, mais elle illustre une logique d'investissement parfaitement cohérente. Les catalogues des artistes dits "evergreen", dont la musique continue de générer des écoutes des décennies après leur sortie, représentent le segment le plus défensif du marché des droits musicaux. Le catalogue de Michael Jackson en est l'exemple le plus emblématique : porté par des générations successives d'auditeurs, ancré dans une présence culturelle permanente, et dont la valeur a été estimée à 1,2 milliard de dollars lors de sa cession partielle à Sony en 2024.
Choisir un catalogue evergreen, c'est parier sur la longévité plutôt que sur la viralité. C'est la même logique que celle qu'applique Bolero dans la sélection de ses catalogues : privilégier des titres qui ont déjà traversé le temps et trouvé leur public, plutôt que des parutions récentes dont le potentiel reste à confirmer.
Pour finir
Yohan Guy incarne un profil de conseiller en pleine évolution : ancré dans les fondamentaux de la gestion de patrimoine, mais ouvert à des actifs qui sortent des sentiers battus, à condition qu'ils répondent à des critères rigoureux de lisibilité, de résilience et de flux quantifiables.
Son analyse du marché, "nous en sommes au tout début", résume bien la position dans laquelle se trouvent aujourd'hui les professionnels les plus avant-gardistes : suffisamment tôt pour bénéficier d'un marché encore en construction, suffisamment informés pour en comprendre les mécanismes.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif uniquement et ne constituent pas un conseil en investissement. Investir dans des droits musicaux comporte des risques, notamment une perte en capital partielle ou totale et un risque de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.



.png)






